Simulation TSAM / Dyscalculie : le Casse-tête de la Boulangère

Le Trouble Spécifique des Apprentissages en Mathématiques (TSAM), aussi appelé dyscalculie, est un trouble neurodéveloppemental qui touche entre 3 et 7 % des enfants.

Concrètement, les personnes dyscalculiques ont du mal à maîtriser le sens des nombres, les calculs ou encore les raisonnements mathématiques.

Et malheureusement, sans suivi thérapeutique, ce trouble peut avoir des répercussions qui vont bien au-delà de l’apprentissage scolaire.

Glaaster — Le casse-tête de la boulangère : simulation du TSAM
🥐

Simulation TSAM :
le casse-tête de la boulangère

Faites deux fois les mêmes courses dans la même boulangerie. La première fois, avec les euros que vous connaissez par cœur. La seconde fois, dans un système de comptage totalement différent.

En savoir plus
Cet exercice est inspiré de l'activité « Casse-tête à la boulangerie » de la mallette pédagogique « Et si j'étais dys », disponible ici. Dans sa version originale, les participant·e·s manipulent des jetons en binôme pour découvrir ce que peut représenter un trouble spécifique des apprentissages mathématiques (TSAM), aussi appelé dyscalculie. Nous l'adaptons ici en version numérique et solo.
Partie 1 / 2

Payer en € et Compter en Base 10

Vous avez une petite faim et entrez dans une boulangerie pour y faire quelques achats. Par chance, la boulangerie accepte les euros.

Partie 1 / 2

Payer en € et Compter en Base 10

Pour compter en base 10, on peut utiliser les chiffres de 0 à 9. Si on veut exprimer une quantité plus grande que 9, on doit utiliser un deuxième chiffre qu'on appelle le chiffre des dizaines.

Partie 1 / 2

Payer en € et Compter en Base 10

Et si l'on exprime une quantité supérieure à 99, on utilise un troisième chiffre, celui des centaines.

Partie 2 / 2

Payer en @ et Compter en Base 5

Vous revenez quelques jours plus tard dans la même boulangerie, et les choses ont bien changé. On paie maintenant en arobases (@), et on compte en base 5.

Partie 2 / 2

Payer en @ et Compter en Base 5

Pour exprimer des quantités supérieures à 4, il faut utiliser un second chiffre, celui des cinquaines. Pour exprimer la valeur 44, on utilise donc 4 cinquaines et 4 unités.

Partie 2 / 2

Payer en @ et Compter en Base 5

Au-delà, on utilise un nouveau chiffre, celui des vingt-cinquaines.

Partie 2 / 2

Payer en @ et Compter en Base 5

Un nombre s'écrit alors avec 3 chiffres possibles : celui des vingt-cinquaines, celui des cinquaines, celui des unités. Par exemple, « 124 » en base 5 se lit « une vingt-cinquaine, deux cinquaines, quatre », et vaut 39 en base 10.

Vingt-cinquaine
valeur 25
Cinquaine
valeur 5
Unité
valeur 1
Partie 1 / 2
👛
0 s
€
Résultats
0/4
Bonnes réponses – euros
0/4
Bonnes réponses – base 5
0s
Temps moyen – partie 1
0s
Temps moyen – partie 2

Ce que révèle cet exercice

Pourquoi la partie 2 a demandé plus de temps

Ce que vous avez ressenti en base 5 se rapproche de ce que vivent, au quotidien et même en base 10, les personnes avec un trouble spécifique des apprentissages mathématiques (TSAM), aussi appelé dyscalculie.

🔢
Un code numérique qui devient étranger
Changer de base modifie le sens du nombre : il devient plus difficile de se représenter la quantité que désigne un chiffre écrit ou entendu, alors que ce lien est immédiat en base 10 pour vous.
🗣️
Un vocabulaire à réapprendre
« Cinquaines », « vingt-cinquaines » : comprendre et prononcer les quantités demande un effort supplémentaire, en plus de celui de calculer.
🐢
Des calculs plus lents et plus fatigants
En base 10, la plupart des calculs simples sont automatiques : nous n'avons plus besoin d'y réfléchir. En base 5, ces automatismes n'existent pas encore, donc chaque opération demande un effort conscient. C'est exactement ce que vivent en permanence les personnes avec un TSAM, y compris en base 10.
💶
Difficile de savoir si c'est cher
Quand les repères numériques habituels manquent, apprécier la valeur d'un achat (cher ou non) devient un exercice à part entière, un peu comme lors du passage du franc à l'euro. Pour les personnes avec un TSAM, cette difficulté ne concerne pas que l'argent : elle touche aussi l'heure, les mesures ou les quantités du quotidien.

Un Trouble qui Touche la Compréhension des Nombres, pas l'Intelligence

La dyscalculie est un trouble du neurodéveloppement qui affecte la capacité d’une personne à comprendre et à manipuler les nombres, les concepts et les opérations mathématiques. 

Ce trouble apparaît chez les enfants lors des premiers jeux de dénombrement et de l’apprentissage des mathématiques en dépit d’une intelligence normale, d’un milieu socioculturel stimulant et d’une scolarité adaptée.

Le Trouble des Apprentissages Mathématiques ne se résorbe pas totalement avec le temps. En effet, l’enfant conserve un décalage par rapport aux enfants de son âge.

Compter, Calculer, Mémoriser les Nombres : un Défi Quotidien

Les personnes dyscalculiques peuvent rencontrer les difficultés suivantes :

  • Compter ;
  • Écrire, lire et comprendre le sens des nombres (Ex : 5 est plus grand que 2) ;
  • Mémoriser une suite de nombres ;
  • Mémoriser les tables de multiplication ;
  • Évaluer de petites quantités ;
  • Réaliser des calculs arithmétiques simples et comprendre le sens des opérations.

📌 Important

C’est précisément pour faciliter la compréhension de ces difficultés que vous pouvez essayer notre simulateur de dyscalculie.

En changeant la manière de compter (base 5 au lieu de base 10), le simulateur vous place dans la position d’une personne dont les repères numériques habituels fonctionnent différemment.

1 Enfant sur 4 Cumule Dyscalculie et Dyslexie

La dyscalculie se présente rarement seule. En effet, le cumul de plusieurs troubles est fréquent, et constitue même la norme :

  • 1 enfant sur 4 cumule dyslexie et dyscalculie ;
  • Et 1 sur 3 présente une dysgraphie et une dyscalculie.

D’autres difficultés peuvent également s’ajouter : problèmes de mémoire, d’attention, de fonctions exécutives, mais aussi anxiété, troubles de l’humeur ou du sommeil.

Orthophonie et Aménagements Scolaires se Combinent selon le Profil de l'Enfant

Il n’existe pas de solution miracle unique. Mais plusieurs types d’accompagnement, souvent combinés, permettent à l’enfant de progresser :

  • Expliquer le trouble à l’enfant et à sa famille : comprendre ce qui se passe dans son cerveau aide déjà à mieux vivre avec ;
  • Une rééducation avec un ou une orthophoniste, centrée sur les difficultés spécifiques de l’enfant et sur des stratégies pour les compenser ;
  • De la rééducation orthoptique, si l’enfant a aussi du mal avec ses stratégies visuelles ;
  • Un suivi en ergothérapie, si des difficultés en graphisme s’ajoutent au tableau ;
  • Des aménagements pédagogiques, adaptés aux besoins précis de l’enfant.

📌 Important

Concrètement, les interventions qui ciblent directement les difficultés mathématiques de l’enfant fonctionnent mieux que celles qui travaillent des compétences plus générales, comme la mémoire.

Un Trouble qui Persiste à l'Âge Adulte

La dyscalculie ne disparaît pas en grandissant. Concrètement, cela peut donner :

  • Du mal à évaluer une distance ou un poids ;
  • Des difficultés à lire l’heure ou à gérer les dates, avec des retards fréquents à la clé ;
  • Des problèmes pour manipuler de l’argent ou s’orienter dans l’espace ;
  • Un vrai casse-tête pour monter un meuble en suivant un schéma.

Mais ces difficultés ne sont pas une fatalité. Avec un accompagnement adapté et les bonnes stratégies de compensation, la grande majorité des personnes dyscalculiques mènent une vie professionnelle et personnelle épanouie.

Que Retenir ?

  • La dyscalculie touche 3 à 7 % des enfants et affecte la compréhension des nombres, indépendamment de leur intelligence.

  • Le trouble ne se résorbe pas totalement avec le temps, mais un accompagnement adapté permet de réels progrès.

  • Orthophonie, orthoptie, ergothérapie et aménagements pédagogiques se combinent selon le profil de l’élève.

  • Votre vigilance et votre soutien contribuent à sécuriser son parcours scolaire et sa confiance en lui.